Les études et la vie professionnelle d’Émile Dallière après son retour du Liban sont mal connues. Comme l’atteste une carte de l’université de Paris de 1924, il semble avoir poursuivi des études de Droit, peut-être commencées avant son service militaire. De ses études, il garde un bon niveau d’expression écrite, et aussi une certaine aisance dans les contentieux. D’après un compte-rendu du comité directeur de la Société d’ évangélisation de Normandie, qui évoque sa candidature comme évangéliste à Évreux en 1934, il est dit simplement bachelier, sans plus de précision.
Comme son père, il travaille alors dans la banque, probablement avec une fonction juridique. Signe de son insertion dans le milieu réformé, son activité professionnelle s’effectue dans les banques protestantes Mirabeau, puis Schlumberger.
Parallèlement à son travail, le jeune Dallière s’investit intensément dans l’activité de son Église et dans le témoignage de sa foi. Il s’engage dans l’Union chrétienne de jeunes gens (UCJG), membre de l’alliance universelle des YMCA : accueil, insertion sociale des jeunes, rencontres, épanouissement du corps, de l’âme et de l’esprit en sont les objectifs, dans une culture principalement protestante.
Le souvenir de la guerre est encore proche, et l’esprit est à la reconstruction morale, physique, spirituelle. « Passée sur le monde comme une folie de haine et de destruction, la « Grande Guerre » laissait la jeunesse dans le plus complet
désarroi. Et soudain, au milieu de ce ciel d’orage, dans nos Unions chrétiennes de jeunes gens et de jeunes filles, un rayon de lumière perça la nuit. On entendit parler d’un officier français, en occupation dans la Ruhr, et qui portait un message nouveau. » Il s’agissait du capitaine Étienne Bach, en mission d’occupation de la Ruhr, qui avait fait un soir de Noël une expérience bouleversante dans l’église de la petite ville de Datteln ; communiant à côté du bourgmestre de la ville, il avait pris avec lui conscience d’un appel à vivre les relations entre Français et Allemands d’une façon nouvelle, dominée par l’amour commun du Christ.
En 1924, Émile Dallière est président de l’association des Unions chrétiennes des jeunes gens : celle de Paris créée en 1852, ou peut-être plutôt celle de sa paroisse à Saint-Germain-en-Laye. Le 6 juin, Étienne Bach répond à son invitation et vient donner une conférence, produisant sur l’assistance une profonde impression. Dallière témoigne plus tard, en 1960 :
« Ce qui nous frappa surtout dans son message, ce fut une vision nouvelle des choses, comportant à la fois un refus du “Pacifisme bêlant” (comme on disait alors avec mépris), et un refus du patriotisme chauvin. Jusque-là, on avait été enfermé dans les deux termes de ce dilemme : lui, il apportait une possibilité d’y échapper. Patriote, il continuait d’aimer intensément sa patrie. Le lieutenant Bach restait un soldat. Le bourgmestre allemand restait le porte-parole et le défenseur d’une Cité occupée et humiliée. Mais tout était changé quand même, car leur religion avait cessé – par miracle – de n’être qu’un système où chacun cherchait la
bénédiction de son Dieu “contre” l’autre. C’était devenu la présence réelle et personnelle de l’Esprit du Christ vivant. »
Emile Dallière
21,00€
D’origine protestante réformée et frère du pasteur Louis Dallière, Émile Dallière (1900-1995) devient comme lui dès le milieu des années 1930 un acteur passionné du réveil pentecôtiste venu du Havre. C’est à Évreux qu’il s’implante durablement, comme évangéliste puis comme pasteur d’une Église libre qu’il fonde en 1939. Il est aussi connu dans cette ville comme Juste des Nations, ayant participé au sauvetage d’un enfant juif pendant la guerre.
Orateur de grand talent, écrivain savoureux, homme de contacts et de projets, son rayonnement dépasse de loin la Normandie. Son parcours tumultueux est riche en dons, mais aussi en conflits, en échecs et en rebonds. Inclassable, Émile Dallière se disait lui-même « franc-tireur » du Réveil. Il éclaire d’une façon originale l’essor d’un mouvement spirituel majeur au sein du christianisme du XXe siècle.
Pour raconter cette vie attachante, mouvementée et féconde, il fallait bien deux enracinements différents.
Éric de Bonnechose est pasteur de l’Église protestante unie d’Évreux, après avoir été longtemps aumônier d’hôpital.
Auteur de plusieurs biographies de pionniers du pentecôtisme en France, Fabio Morin est docteur en histoire et pasteur des Assemblées de Dieu en l’Église protestante évangélique de Saint-Lunaire, chapelle de Longchamp (Ille-et-Vilaine).
Eric DE BONNECHOSE et Fabio MORIN
272
140*200
978-2-88027-255-5
11 septembre 2026
Les études et la vie professionnelle d’Émile Dallière après son retour du Liban sont mal connues. Comme l’atteste une carte de l’université de Paris de 1924, il semble avoir poursuivi des études de Droit, peut-être commencées avant son service militaire. De ses études, il garde un bon niveau d’expression écrite, et aussi une certaine aisance dans les contentieux. D’après un compte-rendu du comité directeur de la Société d’ évangélisation de Normandie, qui évoque sa candidature comme évangéliste à Évreux en 1934, il est dit simplement bachelier, sans plus de précision.
Comme son père, il travaille alors dans la banque, probablement avec une fonction juridique. Signe de son insertion dans le milieu réformé, son activité professionnelle s’effectue dans les banques protestantes Mirabeau, puis Schlumberger.
Parallèlement à son travail, le jeune Dallière s’investit intensément dans l’activité de son Église et dans le témoignage de sa foi. Il s’engage dans l’Union chrétienne de jeunes gens (UCJG), membre de l’alliance universelle des YMCA : accueil, insertion sociale des jeunes, rencontres, épanouissement du corps, de l’âme et de l’esprit en sont les objectifs, dans une culture principalement protestante.
Le souvenir de la guerre est encore proche, et l’esprit est à la reconstruction morale, physique, spirituelle. « Passée sur le monde comme une folie de haine et de destruction, la « Grande Guerre » laissait la jeunesse dans le plus complet
désarroi. Et soudain, au milieu de ce ciel d’orage, dans nos Unions chrétiennes de jeunes gens et de jeunes filles, un rayon de lumière perça la nuit. On entendit parler d’un officier français, en occupation dans la Ruhr, et qui portait un message nouveau. » Il s’agissait du capitaine Étienne Bach, en mission d’occupation de la Ruhr, qui avait fait un soir de Noël une expérience bouleversante dans l’église de la petite ville de Datteln ; communiant à côté du bourgmestre de la ville, il avait pris avec lui conscience d’un appel à vivre les relations entre Français et Allemands d’une façon nouvelle, dominée par l’amour commun du Christ.
En 1924, Émile Dallière est président de l’association des Unions chrétiennes des jeunes gens : celle de Paris créée en 1852, ou peut-être plutôt celle de sa paroisse à Saint-Germain-en-Laye. Le 6 juin, Étienne Bach répond à son invitation et vient donner une conférence, produisant sur l’assistance une profonde impression. Dallière témoigne plus tard, en 1960 :
« Ce qui nous frappa surtout dans son message, ce fut une vision nouvelle des choses, comportant à la fois un refus du “Pacifisme bêlant” (comme on disait alors avec mépris), et un refus du patriotisme chauvin. Jusque-là, on avait été enfermé dans les deux termes de ce dilemme : lui, il apportait une possibilité d’y échapper. Patriote, il continuait d’aimer intensément sa patrie. Le lieutenant Bach restait un soldat. Le bourgmestre allemand restait le porte-parole et le défenseur d’une Cité occupée et humiliée. Mais tout était changé quand même, car leur religion avait cessé – par miracle – de n’être qu’un système où chacun cherchait la
bénédiction de son Dieu “contre” l’autre. C’était devenu la présence réelle et personnelle de l’Esprit du Christ vivant. »
Préface.................................................................... 7
Avant-propos.......................................................... 11
Principales sources – Remerciements................. 15
Lexique et considérations diverses..................... 19
Introduction......................................................... 23
Formation (1900-1925).......................................... 27
Premiers engagements........................................... 35
Pentecôte............................................................... 49
L’Église réformée à Évreux (1934-1939).............. 59
Guerres (1939-1944).............................................. 75
Juste des Nations................................................... 97
Le Dragon et la question de l’exorcisme............ 113
Guérison et discernement................................... 125
Reconstruire (1945-1953)..................................... 135
Dans la dynamique du Réveil pentecôtiste
et du Renouveau charismatique.......................... 157
Un temps pour se retirer (1954-1960)................. 171
Un évangéliste nouveau (1960-1970)................... 189
Un rebond inattendu (1970-1981)....................... 201
Le Pain de Vie.......................................................... 213
Le recueillement (1982-1995).............................. 227
Émile, René… et Louis......................................... 239
L’homme Émile....................................................... 249
Bibliographie d’Émile Dallière........................... 259
Source et droits des illustrations...................... 263
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